Relever Le Défi

Étant donné que Singapour est ma ville natale, j’ai décidé de lancer gfiexpeditions pendant le marathon de Singapour qui s’est déroulé le 3 décembre dernier. Le but de ce lancement était de sensibiliser les gens:

L’année 2009 sera mon défi polaire et pour m’y préparer il semblait que de tirer un pneu de 9 kg sur une distance de 42 km (26 miles) pour célébrer mon premier marathon, était une sacrée bonne idée. Après tout, il s’agit d’une de nos armes secrètes. Et comme si cela n’était pas assez demandé, pourquoi ne pas prendre l’avion qu’un jour et demi avant la compétition, question de ne pas être adaptée au nouveau climat (car je travaille présentement du Royaume-Uni) et de m’assurer même de souffrir légèrement du décalage horaire (alors que ça me prend habituellement deux semaines pour me remettre dur pied !). Ah oui! Sans oublier aussi de mettre une boîte sur le pneu afin de vraiment crée une résistance supplémentaire dans l’air. Même aujourd’hui après avoir couru mon marathon, mon corps s’écroule à 20h et je me réveille à deux heures du matin, les yeux ronds comme des billes et prête à commencer ma journée.

Question (posée par plusieurs personnes): "Pour quel genre d’entrainement avez-vous opté en prévision de cette compétition?" 

Courir deux fois semaines sur de longues distances pendant la fin de semaine et jouer au hockey une fois par semaine. J’ai fait trois essais en tirant un pneu pour une distance maximale de 8.06km (5 miles). Consultez la section salle d’entrainement pour plus de détails. Je suis aussi tombée malade un mois avant la compétition, ce qui a entravé mon entrainement pendant deux semaines et mon dernier essai avec un pneu s’est soldé par un renvoi du parc où je courais pour raison que « ce truc est contre les normes publiques de la santé et de la sécurité, parce que vous pourriez attacher quelqu’un avec cette corde! ». Consultez la page du blogue pour de succulents détails. Ouais, on pourrait aussi blesser un chien en jouant avec lui à lancer le bâton… Sans commentaire.

Les préparatifs avant la course

La Course (et la marche rapide)

La soirée de la course, ce n’était pas de la tarte. M’étant couchée à 21h je me suis réveiller à 23h, soit seulement deux heures plus tard, inquiète de passer tout droit, pour finalement me réveiller complètement à deux heures du matin, les yeux ronds comme des billes. Autant secouer June et Jo pour les sortir du sommeil (qui m’accompagnent et prennent soin de moi durant toute la course) et en profiter pour engloutir ma ration de petits jujubes (gummy bears), une banane et une barre de fruits. Appelons ça, « mon petit déjeuner ». Manger plus, c’était risquer de vomir plus…tard sur la route.

Le départ et l’arrivée

Je suis arrivée à 5h du matin dans une atmosphère de fête où j’ai aussi rencontré Karen qui s’occupait de garder un œil sur moi durant la majeure partie de la course. À 6 h du matin, le marathon a commencé et nous nous sommes placées dans le peloton de queue. La température était alors de 25 degrés Celsius avec 100% d’humidité. Dix minutes plus tard, nous avons dépassé la ligne de départ et c’est là que le défi a réellement commencé. La femme de glace (Lady Ice) était lancée.

Regardez les kilomètres s’accumuler!

Moins d’un kilomètre: Interrogée par un journaliste coréen qui m’a dit qu’il croyait que ce que tentais de faire était impossible et que je ne me rendrais jamais au bout. Je lui ai dit de se pointer à Padang, vers 14h et de m’attendre pour me payer un verre à moi et mes camarades. Il n’était même pas là !

Entre 1 - 2km: Un type me demande s’il peut me poser des questions. Je lui réponds : « Tu veux me demander de sortir avec toi? ». Il réplique « Après une bonne douche ». Personnellement, je ne pense pas que je sentais si mauvais ! Peut-être que c’était la viande que j’ai mangée pour essayer de prendre un peu de masse… De toute façon, il advint qu’il s’agissait de Nicholas Fang du journal Straits Times et que je me suis retrouvée sur la première page du journal le jour suivant. Merci Nicholas! Cliquez sur le lien pour consulter la première page .

3 km: Ma première gorgée et je transpire déjà en masse !

4 km: Les semi-marathoniens nous devancent

7 km: Les coureurs du 10 km filent comme des flèches

12 km: Il n’y a plus de transpiration possible! Halifa et Louisa me rejoignent – disant que je les ai encourages à aller plus loin, elles décident de m’accompagner dans mon calvaire.

15 km: Les petites gâteries sucrées « fangtastiques » sortent de ma réserve et viennent trouver refuge dans ma bouche afin de calmer l’effet bizarre qui prend possession de mon estomac.

19 km: On dépasse nos deux premiers coureurs. On dépasse nos deux premiers coureurs. Non, je ne fais pas erreur en répétant deux fois cette phrase, je suis simplement sous l’effet du choc : nous ne finiront pas les dernières!

Halifa, je m’excuse! Je n’ai pas réalisé que tu n’étais plus derrière moi et je n’ai pas eu la chance de te dire « au revoir ». Merci encore pour tous tes efforts.

21 km: J’ai besoin de passer au mode jogging/marche rapide- Apparemment, je vais plus vite en marchant rapidement qu’en joggant donc je continue de faire de la marche rapide et je dépasse d’autres coureurs. Mes deux « taties » doivent jogger afin de me suivre en marche rapide ! Un coureur, rebroussant chemin, me donne un complément alimentaire (power gel) pour m’aider à tenir la route ! Il faut maintenant cesser de rire et de chanter pour me concentrer sur la course, pour me rendre au bout.

24 km: La pluie commence et me rend euphorique. Le pneu devient plus facile à tirer sur une surface humide ce qui me permet de dépasser d’autres coureurs qui comme moi, en sont à la marche rapide.

27 km: Marche rapide qui m’éloigne aussi de Karen (désolé Karen). Quand je joggais, elle marchait puis quand je marchais, elle devait jogger ! Ne pouvant la voir des yeux, j’ai décidé de poursuivre solo. Aux alentours du kilomètre 28, un coureur m’a donné un jus de canne à sucre pour me revigorer !

34 km: J’ai atteins ma limite ! Mon cerveau veut arrêter le tout, ça hurle dans ma tête pour que je m’étende sur le sol et que je m’endorme. Les jambes n’ont plus vraiment envie de bouger et ma tête flottait au-dessus de la mêlée. À ce moment, ce n’était pas beau à voir. J’ai du m’arrêter et demander quelques jujubes à tatie Jo. Malheureusement, ils étaient tous avec Tatie Karen qui se trouvait quelques kilomètres derrière. Par chance, Tatie Joe avait un paquet d’électrolyte que je me suis envoyé, avec quelques bonnes gorgées d’eau, derrière la cravate. Puis est venu le temps de sortir les verres fumés pour se protéger des reflets…

 35 km: Les électrolytes ont commencé à faire effet : les jambes lourdes commencent à se sentir plus légères et la tête, elle, retrouve sa place sur mes épaules. Plusieurs coureurs que j’avais dépassés me dépassent maintenant… Ciel ! Je déteste être aussi compétitive…parce que je devrai travailler fort pour les rattraper.

 35 - 40 km: Je me sens tout-à-coup forte, au 36ième kilomètre, et je me mets à crier à chaque kilomètre de couru et à compter à voix haute ceux qui me séparent de la fin. J’encourage tous ceux qui marchent à continuer de bouger… « Moi aussi je souffre, mais je vais terminer cette course, alors lâchez pas, vous êtes capables aussi! ».

Tatie Jo a essayé de me séduire afin de me faire bouger plus vite. La marche rapide recommence et nous crions à un ami qui se trouve quelques 50 mètres en avant « T’es mieux de faire vite, mon gars, parce que la fille qui tire un pneu va finir par vous dépasser ! ». Il s’est assuré de garder une tête d’avance…

Les derniers kms: la combinaison jogging-marche rapide était de retour et la finale du 100 mètres était de la pure folie : une course désespérée vers la ligne finale. Le chrono présentait 7h 39 minutes et 25 secondes (départ au pistolet) et le senseur indiquait 7h31 minutes et 17 secondes (chip time).

Photos de Tatie June et Fok Weng Wai

 Statistiques

La foule

La foule était absolument fantastique. J’avais 30 000 fans (du moins, c’est ce que je ressentais). J’ai reçu les encouragements et les cris de support tout au long de la course, en commençant par les marathoniens, puis les semi-marathoniens, les coureurs du 10 kilomètres, puis de retour aux semi-marathoniens (qui effectuaient leur trajet de retour) et finalement les marathoniens sur leur retour. Un merci tout spécial à Halifa qui a fait un bon 15 kilomètres de trajet avec moi et qui a fait connaître la cause aux autres coureurs.

Aussi, un grand merci aux coureurs qui m’ont dit que je les avais inspirés à aller plus loin au moment où ils allaient abandonner.

Quelques citations sur le vif…

Marathonien: « Est-ce que je peux avoir un tour? »
Moi: « Pourquoi pas? Saute! »
Semi-marathonien: « Je suis fini, totalement hors d’usage. Que peux-tu faire pour moi ? »
Moi: « Quelle est ta préférence : composté, recyclé ou réutilisé? »

Semi-marathonien: « Si j’ai 82 ans, tu peux sûrement aller plus vite! »
Moi, riant : « Sans commentaire »… sauf que j’ai fini par le dépasser plus tard et j’espère sincèrement qu’il se porte bien

Coureur du 10 km: « Ça tourne rond, là-dedans ? As-tu perdu la tête ? »
Moi: « Il faut croire! Mais sérieusement, il faut vraiment essayer ça !

« Avez-vous perdu la tête? » est une phrase qui revient continuellement dans ma vie et peut-être bien que je suis un peu fofolle ou peut-être que je ne fais que profiter des aventures de la vie et des défis qui se trouvent sur mon chemin.