Une question d’équilibre 2: Tout sur le carbone

Mai 2007


Image en provenance de la
compagnie airflow engineering
À votre avis, les grandes multinationales d’aujourd’hui produisent quoi? Du carbone ! Alors que les changements climatiques sont maintenant à la page sur les agendas politiques de nombreux gouvernements on commence à entendre parler un nouveau jargon composé de « crédit de carbone » de « crédit de compensation ».

Les crédits de carbone sont des unités utilisées par les compagnies comme les pétrolières. Elles se voient attitré un certain nombre de « crédits de carbone » selon l’entente signée à Kyoto. Il s’agit d’un « plafond » d’émissions carboniques permises qu’elle peuvent ensuite utiliser en échange avec d’autres compagnies qui elles, demandent un plus haut taux de crédits de carbone.  Des détails sur le lien suivant. 

Les compagnies peuvent aussi développer des projets “neutres” au point de vue du carbone, c’est-à-dire des projets qui compensent les émissions carboniques de la compagnie. À titre d’exemples, la pétrolière BP a récemment décidé de développer des centrales solaires en Espagne et en Inde.

L’entente de Kyoto (Japon) a été signée en 1997 sous l’administration Clinton (E-U). Au changement de pouvoir, avec l’arrivée de George Bush, l’administration américaine a décidé de retirer les Etats-Unis de l’accord en stipulant que cela n’apporterait rien à l’économie américaine ! Depuis, deux innovations ont pris place et méritent l’attention:


Sécheresse en Afrique

Toute cette histoire de crédits de carbone pourrait ressembler à une farce monumentale sauf si tous les pays décident de se mettre la main à la pâte pour réduire et réglementer les émissions de carbone. Cela, incluant les États-Unis et l’Australie qui sont présentement à l’extérieur de l’entente. Le 19 avril 2007, le journal the Financial Times annonçait que la Chine produira plus d’émissions carboniques que les États-unis d’ici la fin de l’année. Dans ce même rapport, on apprenait que ces derniers ont produit quelques 20 tonnes de carbone par habitant comparativement à la Chine qui produisait alors 3,2 tonnes de carbone par habitant. Le reste du monde produit en moyenne 3,7 tonnes par personne. Malheureusement, le rapport évitait aussi de mentionner que la Chine produit un nombre significatif de panneaux solaires et d’éoliennes qui elles, sont utilisées par le reste du monde. Les compagnies allemandes spécialisées en technologies éco-énergétiques ont tenté de s’allier au marché chinois qui offre des produits éco-énergiques à prix compétitifs. Peut-on dont parler d’une Chine malfaisante quand, bien qu’elle produise des émissions carboniques en hausse, permet aussi au reste du monde de sauver de l’énergie à prix abordable? Ne devrait-on pas tenter de concéder quelques avantages à la Chine pour un effort de la sorte en tant que leader mondial en production éco-énergétique?


Ouragan Rita

Les changements climatiques ont un impact certain sur les importantes industries comme celle de l’agriculture, du tourisme, de l’énergie, des transports et de l’assurance. Le projet  Carbon Disclosure Project,

soutenus par plus de 225 investisseurs institutionnels a rendu public un rapport démontrant que moins de 50% des entreprises considéraient que les changements climatiques représentaient un danger potentiel à leur commerce. Environ 0,1% des investissements actuels sont présentement alloués à des projets touchant la recherche sur les émissions des carbone et la façon d’y remédier alors que 40% des fonds pourraient être significativement influencés par les changements climatiques. Certaines entreprises ont déclarées prévoir équilibrer la balance en plantant des arbres et en pratiquant l’échange de crédits. Elles peuvent se féliciter de le faire comme la HSBC, mais il demeure que plusieurs compagnies ignorent volontairement ou non, les répercussions écologiques de leurs pratiques en refusant de considérer leur empreinte environnementale. Évidemment on préférerait tous et toutes apprendre de ces mêmes compagnies qu’elles ont fait de leur mieux, et au meilleur de leurs connaissances plutôt que de les entendre dire qu’elles regrettent, une fois qu’il est trop tard.

D’un point de vue plus conservateur, la question est de se demander quelles mesures devraient être mises en place pour assurer une certaine harmonie planétaire. En Chine, on se réfère au Ying et au Yang. Quand un est plus fort que l’autre, il y a déséquilibre et les choses se mettent à aller mal. Si on le transpose à la santé, ce déséquilibre représente la maladie. Aujourd’hui, tous et toutes, nous sommes responsables de l’équilibre de notre planète et de la vie qu’elle porte.

À suivre… le prochain article sera sur les compensations de carbone.