En équilibre partie 1: Je suis une hypocrite

Ma façon de polluer vient de ...

Tous les déchets que je produis… qui ensuite se retrouvent à la décharge publique et peut-être, et seulement peut-être, que ce que je recycle connaîtra réellement une nouvelle vie ! Pas convaincu? Sortez donc la tête du sable…

Voici réellement où vont vos déchets…

Vous pouvez croire que je suis cynique mais j’ai participé à un séminaire à Londres sur les technologies relatives au traitement des déchets et j’y ai appris que 50% de ce que nous recyclons part par bateau pour la Chine pour être recyclé et que l’autre 50% est remis dans les décharges publiques. La tête a du me faire un tour complet afin de comprendre quel genre de programme de recyclage s’était donc doté l’Angleterre?!? Il y a plus de 15 ans, un ami de mon père qui gérait un site d’enfouissement de Londres m’avait dit que les bouteilles et les canettes que je recyclais religieusement étaient envoyées à la décharge. J’avais bien entendu fait le saut en apprenant ça, mais pas aussi fortement qu’aujourd’hui car je n’étais alors jeune et naïve, fraîchement graduée d’ingénierie chimique de surcroit!

En disposant de mes déchets, qui se rendent à la décharge publique, je contribue à créer du méthane, du gaz carbonique et de la vapeur d’eau. Ce sont tous d’excellents gaz à effet de serre. Et en fait, le bateau qui se rend avec mon recyclage (la partie qui ne finit pas à la décharge publique) jusqu’en Chine, produit lui aussi sa part de gaz carbonique au cours du voyage.

Je continue toujours de récupérer en me disant que c’est une bonne pratique. Ce sont les changements qui font avancer les choses comme la nouvelle vague dans l’industrie de la construction d’habitation de style « cottage » de recycler ce qui était considéré comme irrécupérable. Une façon économique qui permet de trouver des ressources sans devoir creuser dans le sol. L’Allemagne avait déjà trouvé le truc, il y a des années. D’ailleurs l’Allemagne récupère 70% des matières comparativement à 6% pour ce qui est de l’Angleterre. .

Les supermarchés eux, s’engagent à produire moins d’emballage… donc j’imagine que l’emballage sous vide double, voire triple, sera en voie de disparition d’ici peu! J’ai le souvenir d’avoir acheté un paquet de 4 pommes dans un supermarché américain. Chaque pomme étant emballée individuellement, puis placée sur un carton lui-même couvert d’une pellicule plastique et passé sous vide, pour finalement être déposé dans un contenant plastique solide ! Peut-être que les enterprises à qui j’ai fait parvenir une letter vont penser réduire leurs emballages, afin de réduire les déchets que nous produisons et pour aussi réduire les prix superflus que nous payons pour du plastique et du carton inutiles.

Et si ça influence sur l’aspect de la marchandise, la faisant apparaître moins attrayante aux clients? Qui a dit que « l’habit ne fait pas le moine? ».

Manifestez votre désaccord aux compagnies qui utilisent trop d’emballage en leur disant que vous cesserez d’acheter leurs produits tant qu’elles ne changeront pas leurs politiques d’emballage. Le pouvoir au peuple!

La société de consommation veut que nous recherchions les nouveautés et que seuls les pays en voie de développement ou défavorisés pratiquent le recyclage comme si nous, on n’aime que le « neuf ».

Il paraît que 40% de ma note d’électricité serait attribuable au chauffage et à l’eau chaude (si vous résidez dans un climat tempéré comme l’Angleterre) ou encore l’air climatisé et l’eau chaude (pour ce qui est des pays tropicaux comme Singapour).

Si j’en crois ma facture d’électricité anglaise, ça tient la route. Il faut dire que c’est facile pour moi de diviser les coûts étant donné que j’utilise le gaz pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisine (pollution via les émissions de gaz carbonique et de vapeur d’eau)

En réduisant la température ambiante de 1 degré Celsius, je peux réduire ma facture de chauffage de 10%. En fait, j’ai personnellement décidé de fermer complètement le chauffage et de m’habiller « en pelure d’oignons » (couches multiples) pour me donner un avant-goût de mon séjour polaire. Étant donné que mes colocataires n’étaient pas « chauds » à cette nouvelle idée, j’ai du démarrer de nouveau le système et il fait maintenant 18 degrés dans la maison. Ah! Après avoir vécu un -23 degrés Celcius sur le lac Winnipeg, qui aurait peur d’un petit 3 degrés londonien?

Parlez-en à ma plomberie…

De plus, il semblerait que 15% de ma facture électrique représenterait l’éclairage. Je me demande alors ce que représente le 85% qui reste…?

J’ai noté que la facture augmente légèrement quand mes colocataires utilisent le four. Il faudrait peut-être penser à interdire l’utilisation du four ou même, de le détraquer complètement ou peut-être suis-je simplement, un tantinet parano.

La production d’électricité est une controverse en soi.

Si elle provient du nucléaire, alors je contribue à la production de déchets nucléaires qui se retrouvent principalement jetés dans les eaux profondes des océans et contribuent à développer des poissons étranges avec des lumières fluorescentes qui leur pendent au bout du nez. Tant pis, ça aura le mérite de diversifier un peu la faune aquatique en permettant l’émergence de nouvelles espèces! Ca compte peut-être pour toutes les autres espèces, celles qu’on est en train de faire disparaître…

Si elle provient de l’énergie solaire ou des éoliennes, les septiques répliqueront :
- quelle technologie ou méthode a été utilisée pour construire les générateurs?f
- Combien d’énergie a été nécessaire pour la construction de la centrale ou des turbines?

J’en ai mal à la tête ! Si vous croyez que j’en perds le nord, la réponse est OUI.

Le reste de ma pollution provient des industries de production et de transformation (tout ce que j’achète et que je consomme, du supermarché aux vêtements) et toute l’industrie du transport en soi. Je prends le train et l’avion, mais pas souvent les voitures. Dans mon cas, l’avion est nécessaire pour ce que je fais en tant que consultante technique et qui me permet de conseiller les compagnies dans leur manière de traiter les données et de faire fonctionner leurs programmes, et tout le tralala. Ah oui, j’ai bien essayé de me convertir au télé-travail (bureau virtuel) mais non, ils aiment bien voir ma binette ! Et pas seulement dans le sens flatteur du terme – afin de répondre au gars qui insinuait le contraire- car j’aime croire que ces compagnies croient que j’ai quand même un soupçon de cervelle!

Quand on y pense vraiment, je suis hypocrite, j’ai vraiment la tête dans le sable. Et comme le dit si bien le film « Matrix », nous sommes les virus de ce monde. Ce petit effort individuel « moi, je peux faire la différence » est un peu illusoire, comme une goutte dans l’océan? Ou l’est-ce vraiment? Dans le doute, je vous dirais de vous tenir à jour et de consulter la suite car, pour citer Terminator : « je reviendrai »…