Singapour prend du soleil!

Quelques bonnes raisons pour dévenir énergétiquement indépendant.

Du point de vue d’une citoyenne de Singapour- Écrit par ChantC, édité par ChaiR – Avril 2007


À l’horizon de Singapour

Imaginez seulement toutes ces gratte-ciel au toit plat équipés de panneaux solaires.  Ainsi, les zones exposées au soleil fourniraient l’énergie captée par les panneaux solaires et le système énergétique traditionnel s’occuperait de soutenir le reste. Même chose pour l’approvisionnement en eau. Une formule gagnante qui permettrait à Singapour de devenir énergétiquement indépendant. Surtout qu’on y retrouve plus de tours à logement que de résidences privées !

Je me suis souvent plainte du fait que nous pourrions mieux tirer profit de notre situation équatoriale. Pourquoi ne pas investir dans cette énergie solaire que nous prenons tellement pour acquise? Je crois qu’un tel investissement en termes de capteurs solaires pourrait se mesurer facilement si on fait une réflexion à long terme. Si on se limite aux bénéfices (financiers) à court terme, évidemment qu’il est plus difficile de trouver une raison d’opter pour l’énergie solaire! 

 

Il faut réaliser qu’un tel changement vers l’énergie solaire nous permettrait de :

1. Constituer le premier pas vers la réduction de la température actuelle (sans prix)
2. Réduire la dépendance envers les autres puissances et les autres pays (sans prix)
3. Développer notre propre industrie énergétique « propre » dans une optique de développement durable constituant une solution énergétique viable pour notre société et pour les futures générations (sans prix)
4. Faire de Singapour un leader asiatique en termes d’énergie « propre »


Fine pellicule photovoltaïque
sur un toit de Delhi (Inde)

Même en ne choisissant qu’une seule des raisons présentées ci-haut, le jeu en vaut la chandelle pour le gouvernement (ce qu’il aurait du faire en 2003!). Une formule de contribution conjointe (public/ citoyens) pourrait être envisagée mais considérant que cela bénéficierait, à long terme, à l’ensemble de Singapour je crois que le gouvernement devrait prendre en charge la facture.

Si ce dernier peut se permettre de payer 2 millions de dollars de Singapour à ses ministres et de perdre 2 milliards en Thaïlande, vraiment, les montants à investir dans ce type de technologie solaire représentent des poussières. Il est difficile de rester là, les bras croisés, à réaliser qu’en tant que pays « développé » on constate que les investissements financiers en faveur des technologies « vertes » sont absents et que l’on semble favoriser plutôt une économie basée sur la consommation. Y’a de quoi frustrer !

Heureusement, les ministres commencent à reconnaître que nous prenons du retard dans le domaine de ces technologies. Quelques séjours en Allemagne et en Suisse ont permis de mieux visualiser la place que pourrait occuper Singapour, de se familiariser avec la douceur de l’air frais que l’on pourrait respirer si le pays pouvait réduire son empreinte environnementale, en commençant par se pencher sur la situation de nos centrales énergétiques. Notons que le comité de développement économique (EDB) s’est engagé à investir 350 millions $ de Singapour dans les cinq prochaines années afin de nettoyer les centrales énergétiques. C’est à se demander si cela pourrait inclure des bourses offertes aux citoyens et citoyennes de Singapour qui prendraient les actions nécessaires afin de réduire leur propres émissions de gaz carbonique…

La Chine a déjà mis de l’avant des panneaux solaires ainsi que des réservoirs d’eau chauffés par l’énergie solaire placés sur le toit des tours d’appartement. Le pays a même commencé à manufacturer et exporter des panneaux solaires en Allemagne. Peut-être s’agit-il d’un trompe-l’œil? Un article paru dans le Financial Times annonçait que la Chine produira plus d’émissions de gaz carbonique que les États-Unis et ce, à compter de l’année prochaine. Cela semble fort logique étant donné qu’à peu près tout ce que nous achetons provient actuellement de Chine. Mentionnons toutefois que, per capita, la Chine produit moins d’émissions de gaz (3.2 tonnes de gaz carbonique) que les États-Unis (20 tonnes par habitant).

En résumé, l’Allemagne produit moins de gaz carbonique étant donné que le pays importe des panneaux solaires, produits en Chine, qui elle présente un bilan plus sombre quant à son niveau d’émission de gaz, du fait qu’elle produit les panneaux solaires en question. Il faudrait peut-être penser à octroyer quelques crédits d’émission pour assurer la production du matériel nécessaire au développement des énergies « vertes »…

Après toutes ces années, il est intéressant de constater quelques développements récents :

1. Une compagnie allemande spécialisée dans le domaine de l’énergie solaire (Solar Tec) investit 70 millions de dollars de Singapour au pays (Singapour) pour le développement d’un centre de recherche et de développement d’ici l’an prochain. Cette compagnie prévoit utiliser une lentille spéciale afin de faire converger les rayons du soleil en un faisceau unique (et dirigeable) pouvant être capté ensuite par une micro-puce permettant de transformer l’énergie solaire de façon plus efficace. Selon leur site Internet, cette technologie serait plus efficace que les panneaux que l’on connaît, à base de silicone, et surtout qu’elle serait accessible à la moitié du coût.


Les Infrastructures Solaires de Séville  

2. Une compagnie allemande du nom de SolarWorld étudie la possibilité d’investir 300 millions de dollars de Singapour dans le cadre d’un projet touchant deux centrales solaires à Singapour au cours des deux prochaines années. Ces deux centrales auraient la capacité de produire 30 ou 60 megawatts (MW). L’autre pays à l’étude est la Corée du sud qui présente l’avantage de vastes espaces afin de développer de telles infrastructures.

 

Si Singapour ne réussit pas à rester dans la course, il serait intéressant d’étudier les infrastructures de Séville, en Espagne avec ses 11MW ou encore leur projet de construire une centrale solaire-thermique de 50MW, d’ici le mois de décembre 2007. Grâce à un processus permettant d’utiliser les sables fondus on estime que la centrale pourra générer jusqu’à 20h d’électricité quotidienne.


Des cellules solaires à partir du plastique

Je crois que Singapour devrait aussi se référer aux compagnies utilisant la nanotechnologie que l’on retrouve, par exemple, dans la fabrication des pellicules solaires photovoltaïques. Ce genre de technologie permet de produire du matériel au cinquième du prix de fabrication des panneaux de silicone habituels. Ou encore, de se pencher sur un procédé encore à l’étude, celui visant l’impression des cellules solaires sur une pellicule de plastique.

Allez Singapour! Tu peux y arriver! Les tours d’habitation sont le premier pas vers un Singapour solaire et plus « vert ». Le pouvoir au peuple : un projet électrisant!